Sur un voyage à cheval, trois dangers reviennent sur le chemin : les tiques, qui transmettent la piroplasmose et la maladie de Lyme, les chenilles processionnaires, dont les poils sont urticants, et les plantes toxiques, dont certaines tuent un cheval avec quelques grammes. Le guide du bien-être du cheval de randonnée de la Fédération internationale de tourisme équestre, la FITE, donne les gestes pour chacun. Les voici, avec ce que tu fais pendant les pauses et le soir à l’étape.
Les tiques
Selon la FITE, les tiques transmettent la piroplasmose et la maladie de Lyme, au cheval comme au cavalier. Il faut les retirer le plus vite possible, de préférence dans les 24 heures, avec un tire-tique.
La méthode décrite par le guide :
- saisis la tique au plus près de la peau avec le tire-tique ;
- retire-la en tournant le tire-tique sur lui-même ;
- vérifie que la tête n’est pas restée dans la peau ;
- désinfecte la zone de la piqûre, tes mains et le tire-tique ;
- surveille ensuite les signes d’infection.
Chaque soir, fais le tour de ton cheval : tête, encolure, entre les membres, sous le ventre, à la base de la queue. Fais aussi ta propre inspection. Note la date et l’endroit de chaque tique retirée : en cas de fièvre les jours suivants, ton vétérinaire te le demandera. Garde le tire-tique dans une poche de ta veste plutôt qu’au fond d’une sacoche : tu t’en serviras aux pauses autant qu’au soir.
Les chenilles processionnaires
Leurs poils s’envolent facilement et provoquent des réactions urticantes, parfois douloureuses. La FITE distingue deux espèces :
| Espèce | Période urticante |
|---|---|
| processionnaire du pin | de novembre à mars |
| processionnaire du chêne | de mai à juillet |
On les reconnaît à leur déplacement en file, en procession. Les consignes du guide :
- ne les manipule pas, ne les balaie pas ;
- porte des vêtements couvrants en forêt ;
- en cas d’exposition, ne te frotte pas les yeux, prends une douche et lave tes vêtements à plus de 60 °C.
Pour ton cheval, le réflexe est le même : contourne la file, ne le laisse pas brouter là où elle passe, et garde-le loin des nids pendant les pauses sous les pins ou les chênes. Si tu vois un cheval se frotter la bouche ou les yeux après un passage en forêt, appelle un vétérinaire.
Les plantes toxiques
Selon le guide, certaines plantes provoquent des intoxications chroniques, d’autres tuent un cheval avec quelques grammes. La FITE en donne une liste non exhaustive, de plantes couramment rencontrées :
- arbres feuillus : chêne, érable sycomore et érable negundo, marronnier, robinier faux-acacia ;
- conifères et fougère : cyprès, fougère, if à baies, thuya ;
- arbustes : buis, cytise, genêt à balais et genêt d’Espagne, laurier-cerise et laurier-rose, lierre, rhododendron, troène ;
- plantes à fleurs : adonis, bouton d’or, berce du Caucase, ciguë et œnanthe safranée, colchique, coquelicot, datura, digitale pourpre, euphorbe, férule, flouve odorante, jonquille, lampourde, millepertuis, muguet, porcelle enracinée, prêle des marais, séneçon jacobée.
Apprends à reconnaître au moins l’if, le thuya, le laurier-rose, le buis et le séneçon avant de partir : avec une application de reconnaissance de plantes ou un guide de botanique, sur tes chemins d’entraînement.
Les pauses : là où le risque se prend
En marchant, ton cheval mange peu. C’est à l’arrêt qu’il broute. Pendant les pauses :
- choisis un coin d’herbe dégagé, loin des haies de jardin, où poussent souvent thuyas, lauriers et ifs ;
- regarde le sol avant d’attacher ton cheval ;
- ne le laisse pas brouter sous un chêne chargé de glands ou près d’une file de chenilles ;
- à l’étape, demande à l’hébergeur si le pré a été vérifié.
Les questions à poser à un hébergeur sont dans notre article sur l’Ardenne à cheval, qui détaille le cas d’un itinéraire balisé avec ses hébergements.
Préparer ces risques avant de partir
- Entraîne-toi à retirer une tique avec le tire-tique, sur ton cheval, avant le voyage : le geste en tournant demande un peu de pratique.
- Demande à ton vétérinaire quelle protection contre les tiques il conseille pour ton cheval, et quoi surveiller après une piqûre.
- Sur tes sorties d’entraînement, repère les plantes de la liste qui poussent dans ta région, et montre-les à tes compagnons de voyage.
- Regarde la saison de ton voyage : un départ en mai ou en juin traverse la période urticante de la processionnaire du chêne, un départ en mars celle du pin.
Une heure de préparation chez toi t’évite une demi-journée perdue sur le chemin.
Les insectes en été
La FITE recommande aussi de protéger ton cheval des insectes par temps chaud : masques ou couvertures anti-mouches, et répulsifs. Emporte un masque léger dans les sacoches, et teste le répulsif sur ton cheval avant le départ, pas le premier jour du voyage.
Ta liste avant chaque journée
- Le tire-tique est dans la trousse, avec l’antiseptique.
- Tu sais où sont les forêts de pins et de chênes sur l’étape, et la saison des chenilles.
- Tu as repéré les points de pause.
- Le numéro d’un vétérinaire proche est noté sur papier.
Le contenu complet de la trousse et les constantes de ton cheval sont dans notre article sur la trousse de secours en randonnée. Pour la préparation générale du voyage, vois notre check-list avant le départ.
Ces consignes viennent du guide de la Fédération internationale de tourisme équestre.
Sources
Fédération internationale de tourisme équestre, Guide du bien-être du cheval de randonnée (tiques, chenilles processionnaires, plantes toxiques, insectes). Page consultée le 23 octobre 2026.